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"Jeu" t'aime, moi non plus ?

Bande de tricheurs !

Nous (enfants des années 90 et 2000, en tout cas... mais nos parents aussi, en fait !) avons tous en mémoire des parties infernales d'Uno ou de Monopoly... Comment ne pas crier, pleurer, se rouler par terre, quand votre "bon" pote qui s'occupait de la banque en profitait pour se faire un peu de cash quand vous alliez lui chercher un coca ?

 

Mais il semble que ce sont des jeux qu'on "adore" toujours (quand on gagne en tout cas), même si l'on doit admettre que tous les coups sont permis.

 

Mais pourquoi ? Qui a fait ces lois ? En fait, les éditeurs de jeux ont-ils pensé au préalable que ces jeux nous rendraient fous... ou est-ce les joueurs qui créent eux-même leur propre agonie ?


Réinventer continuellement les règles, tricherie ou génie ?

Chacun fait fait fait, c'qui lui plait plait plait... Cette formule ressemble drôlement à ce qui se passe chez les joueurs de jeux de société. Sciemment ou inconsciemment, les joueurs inventent de nouvelles règles de jeux. Par transmission orale à travers différents groupes, ces règles se diffusent, et on observe qu'on connait tous les mêmes "variantes", par exemple : 

 

☼ Mettre au centre du plateau les billets qu'on doit à la banque pour qu'un joueur (en général pas vous) puisse récupérer le magot quand il passe sur le parc gratuit, au Monopoly

 

☼ Un +2 sur un +4 au Uno

 

☼ Le Yam's et sa petite et grande suite, le "plus" et le "moins", le bonus...

 

On peut comptabiliser des tonnes de variantes dans tous ces jeux... variantes qui ne font pas partie des règles, comme l'a rappelé l'éditeur de Uno dans un tweet le 4 mai 2019. Cette communication a engagé les internautes, qui ont été bouleversés par cette annonce. Mais pour revenir à la création des variantes de jeux, ce qui m'intéresse particulièrement ici, c'est l'acte d'appropriation des joueurs qui finalement "fait" le jeu. Sans ces nombreuses variantes, pas de combat ! Pas de prise de tête ! Les règles "additionnelles" sont peut-être "l'âme" de ces jeux de notre enfance, car ils multiplient les actions et les interactions entre les joueurs.

Rejouer en ligne, une forme de nostalgie ?

Les jeux de société "classiques" sont apparus sur console tôt dans l'histoire du jeu vidéo. Par exemple, la série Monopoly a connu plus de 50 itérations sur différentes plateformes. Le jeu est adapté dès 1985  pour l'Amstrad CPC, le BBC Micro, le Commodore 64, le MSX, la Thomson et le ZX Spectrum : grand succès ! Pourquoi le jeu de société intéresse tant l'industrie du jeu vidéo ?  Je crois que les jeux de plateau ont l'avantage d'offrir à son public une grande liberté, qui leur permet d'être actifs face au gameplay qui leur est présenté. Il s'agit  d'une liberté de mouvement, de décider, une liberté de tricher aussi, d'interagir, bref d'apprendre et de communiquer. Refaire ces jeux sur consoles, c'est selon moi donner aux nostalgiques que nous sommes toujours plus de guimauve, comme le fait si bien l'industrie du cinéma en ce moment, en nous donnant à nous (toujours nous enfants des années 90 et 2000) toujours les mêmes schémas narratifs que nous adorons tant (avec les suites annoncées de Star Wars, mais aussi du Toy Story 4, par exemple.)

 

Pour résumé, on se tape dessus en se servant de jeux devenus "communs" de par leur popularité et les pratiques qui leur sont associées. Mais en fait... les Battle Royale remplaceraient-ils aujourd'hui ces fightings d'antan ? Je crois que le quota de dopamine qu'apporte Fortnite est loin de battre le bonheur malicieux  qu'on a tous quand on a le luxe de tomber sur la rue de la Paix ou d'enchaîner les +2 (sur les +4, pour les warriors).

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